Sommaire

    Pédagogie institutionnelle

    Le principe

    L’Ecole de Tous permet aux enfants :

    • de prendre progressivement conscience du sens de la règle en participant à son élaboration et son application ;
    • de s’approprier des espaces « institutionnels » de dialogue ;
    • d’assumer des fonctions et responsabilités au sein de la classe et de l’école ;
    • d’exercer un mandat confié par leurs pairs.

    La mise en œuvre de la pédagogie institutionnelle comporte deux atouts essentiels :

    • elle offre un cadre au développement de l’enfant comme sujet éthico-politique. Elle lui permet de construire et d’intégrer la règle, d’être un acteur du vivre ensemble, d’ainsi se mouvoir sur un axe liberté-responsabilité-pouvoir et d’échapper au schéma soumission à la règle – défi de la transgression ;
    • elle permet à l’adulte, enseignant ou éducateur, de s’appuyer sur les « instances » institutionnelles au sein de l’école et échapper ainsi à une relation strictement duale adulte-enfant qui peut connaître des blocages parfois difficiles à surmonter.

    Il appartient à l’équipe éducative d’une Ecole de Tous de définir en détail la mise en œuvre de la pédagogie institutionnelle. L’Ecole de Tous considère toutefois l’approche des lois et règles comme essentiels :

     

    Lois et règles

    La «loi» s’impose à la communauté de l’école. Elle n’est pas amendable par celle-ci. Elles sont édictées par une autorité supérieure à l’école (lois, décrets, arrêtés) ou par le pouvoir organisateur de l’école.

    La «règle» relève d’un processus d’élaboration démocratique par l’ensemble de la communauté scolaire. Les règles se construisent à différents niveaux (l’école, la « maison », la classe), elles spécifient clairement l’espace qu’elles couvrent, sont précises, explicites et consultables.

     

    Toutes les questions relatives à la vie dans l’école, et notamment l’élaboration et l’application des règles précitées, sont du ressort de trois organes :

    • le Conseil d’école regroupant le/la directeur(rice), des membres de l’équipe éducative, et les représentants des enfants désignés par leurs pairs ;
    • le Conseil de «maison» regroupant le/la responsable de la « maison », un autre adulte membre de la «maison», et les représentants des enfants de la « maison » ;
    • le Conseil de classe regroupant l’instituteur(rice) ou le/la titulaire et les élèves de la classe qui acceptent de participer au Conseil.

    Transgression

    En cas de transgression, la sanction doit répondre à certains principes :

    • elle doit porter sur un acte ;
    • elle est individuelle et non collective ;
    • elle doit avoir du sens ;
    • elle doit avoir, si possible, un contenu de réparation ;
    • elle doit être éducative et ne pas s’inscrire dans une logique de dissuasion ;
    • elle doit être expliquée à l’enfant : retour sur la transgression, ses conséquences, le refus de celle-ci,…

    Les modalités de la constatation de la transgression et de la fixation de la sanction dépendent de la nature et de la gravité de la transgression.

    Type de transgression Suite donnée
    Transgression de la règle élaborée par un des Conseils (école, “maison”, classe) sanction est décidée par le Conseil qui a élaboré la règle
    Infraction légère à une loi édictée par le PO de l’école

    La sanction peut être donnée par un membre de l’équipe pédagogique et éducative.

    La décision de sanctionner n’est pas obligatoirement précédée d’un dialogue avec l’enfant.

    Pas de recours.

    Infraction moyenne à une loi édictée par le PO de l’école

    La sanction n’est donnée qu’après concertation entre au moins deux membres de l’équipe pédagogique et éducative.

    L’instituteur(rice) ou le/la titulaire de l’enfant est impliqué.

    L’enfant est entendu par un adulte autre que celui qui a constaté l’infraction.

    Pas de recours.

    Infraction lourde à la loi édictée par le PO de l’école ou infraction à la loi édictée par une autorité supérieure à l’école

    La sanction n’est donnée que par la direction.

    L’instituteur(rice) ou le/la titulaire de l’enfant est impliqué.

    L’enfant est entendu par un adulte autre que celui qui a constaté l’infraction.

    Un recours est possible. Un dialogue avec les parents est indispensable.

     

    Chacun peut nous aider.